That's the joke.jpeg

Publié le par Aldrea

Haha.
J'aurai aimé vous écrire cette news d'un cybercafé espagnol avec vue sur la plage, bronzée et recouverte d'une fine pellicule de sel.
J'aurai aimé vous décrire la ville dans laquelle je suis, la chambre que je squatte, les gens que je rencontre, le climat dont je profite.
J'aurai aimé vous montrer des photos de paysages magnifiques, de mes copines à la mer, de mes copines devant un ours empaillé, de moi à califourchon sur un énorme canon du 19eme.
Mais non.
En fait, je peux effectivement vous décrire Paris, ma chambre, mes voisins et le ciel gris. Mais bon, Montrouge ça fait quand même moins rêver que Barcelone.

Ben oui, j'aurai dû rentrer dans 3jours. Et je suis là. Pourquoi ? Parce que deux connards m'ont piquée mon sac la nuit de notre arrivée à Barcelone. Le temps de retourner en catastrophe en France, j'ai donc eu le statut de sans papiers. Sans argent, sans portable, sans carte bancaire, sans carte d'identité. Et accessoirement, sans appareil photo, sans I-Pod et sans carte SD 4GO, mais je pense que ça n'était pas vraiment accessoire pour les voleurs.

Bon, petit résumé description détaillée :
Après un trajet en train d'une nuit, nous arrivons avec mes deux potesses à Henday, ville paumée à la frontière de l'Espagne dans laquelle les gens font semblant de ne parler que le basque. Et je peux vous dire, c'est pas une langue qui fait fantasmer, pleine de "X" et de "K". Pire que le néerlandais.
De Henday, train régionale (ou métro, dans toutes ces villes non-civilisées qui ne sont pas Paris, on ne sait jamais trop) jusqu'à San Sebastian. Arrivée vers 7-8h. Comme l'auberge de jeunesse n'ouvre pas avant longtemps dans la matinée, on se promène sur une plage déserte, se fait aborder par un mec bourré de nationalité douteuse, puis par un français aux intentions encore plus douteuses. Après nous être trompées d'auberge, on se dirige vers ce qui nous semble être la bonne direction, nous faisons aborder par un type qui nous propose de nous loger et qui nous montre le chemin de notre bonne auberge. Après une petit sieste bien méritée (allez faire une nuit complète dans un train vous), petite ballade à San Sebastian, ville portuaire magnifique pleine de touristes (si j'avais pu garder mon appareil je vous aurait montré la plage à 7h du matin et la plage à 16h... c'est drôle.), entre mer et montagne. Notre séjour dure deux jours : le soir du deuxième, on prend un car de nuit pour Valencia qui était supposé nous déposer à 6h du matin. Mais chose assez incroyable, le car a 1h30 d'avance sur le planning annoncé et nous arrivons à la Estation de autobus de Valencia (mettez les accents aux endroits appropriés) à 4h30. Haha.
On attend que le jour se lève dans la station, pleine de gens étranges, mais tous avec les mêmes cernes que nous. Enfin vers 6h30, on décide d'aller finir notre "nuit" dans un parc, sur un banc en pierre pendant que l'une d'entre nous veille courageusement, nous protégeant des oiseaux aux cris de petite fille de film d'horreur, des chiens errants et des moustiques. Enfin, vers 9h nous décidons d'aller à l'auberge de jeunesse, fourbues et hagardes. L'auberge de jeunesse qui s'avérait être en réalité un Bed&Breakfast est située dans un magnifique immeuble tout de marbre vêtu. Les chambres sont spacieuses et nous partageons chacune notre étage avec quelques personnes que nous aperçevons fugitivement.
Notre séjour à Valencia dure 3jours. Trois jours remplis de CHALEUR, de marche, de découverte d'endroits superbes (mais moins qu'à San Sebastian), de Burger King, de tour de grande roue, de plage, de mini-sandwichs, de Burger King, de douches, de pâtes faites maison, de clim, de shopping, de Burger King, d'absence de visite d'église payante, de Burger King, de cybercafé, de franche rigolade et de Trauma Center.
Puis le soir du troisième jour, encore un bus de nuit pour Barcelone qui nous y dépose à minuit. Minuit ? Aucun problème ! Notre auberge de jeunesse ouvre à 9h, on se baladera dans la ville, se posera sur une plage ou si ça craint trop, dans un bar ! 9h à occuper, ça passe vite !
On a effectivement réussi à occuper les 5 premières heures à aller vers la direction approximative de la plage. On a donc traversé une partie de la ville à pied avec nos énormes sacs jusqu'à arriver jusqu'à ce que sur la carte ils appelaient un parc mais ce que nous, gens de bon sens, appelons plutot une montagne. Au lieu de revenir en arrière et de faire le tour, on a donc gravi la série de marche qui nous donnait accès à une vue imprenable sur Barcelone de nuit, mais aussi sur la prise de conscience de nos limites physiques. Aprés avoir demandé notre chemin à un sympathique groupe de jeune bien imbibé mais à l'anglais compréhensible, nous avons donc traversé la forêt/montagne déserte et parfois bien glauque. Aprés quelques pauses pour batifoler dans les jets d'eaux en mini-short pour ma part (si vous retrouvez les voleurs et mon appareil photo, je vous promet de les éditer ici), pour profiter de la vue et surtout pour se REPOSER, arriva le moment de descendre la montagne. Sauf que là, la série de marche se perdait en petits sentiers de terre bucoliques entre les arbres, sans doute parfait pour la ballade en amoureux de jour, mais tout à fait glauques et propre à imaginer des violeurs cachés dans les fourrés, la nuit. Une fois descendues, aprés avoir demandé notre chemin à deux individus au premiers abords parfaitement louches mais qui se sont avérés très gentils, nous nous trouvons nez à nez avec un port. Mais l'objectif ultime était la plage pour réellement nous reposer, manger et regarder le lever de soleil. S'en suit donc une bonne heure de marche, avec beaucoup de touristes et un black gentil mais vite reulou qui nous accompagne pour nous montrer le chemin.
Enfin, la plage : on se pose, nos affaires les unes à côtés des autres, mon gros sac posé à côté de mon petit sac de voyage. Alors que nous étions toutes trois en train de comater/manger, un mec bourré vient discuter avec nous pendant que ses amis se baignent tous nus dans la mer. Moment d'anthologie. Surtout lorsque, parlant des difficulté de communication entre les langues, ses amis sortent de l'eau et qu'une de nous lance un "but im sure we all have the same idea right now" et que l'homme bourré acquiesce puis lance un "the water seems to be very cold tonight" qui déclenche l'hilarité générale.
Aprés le départ de l'homme ivre et de ses amis naturistes, je vérifie l'heure dans mon portable situé dans mon sac de voyage et me lève pour faire quelques pas. A ce moment là, deux espagnols du genre dragueurs reulou viennent squatter la conversation. Ils nous demandent d'où on vient, esquissent quelques mots en français et tentent de faire la bise à l'une d'entre nous, assise à côté des sacs. Elle le repousse et lui tend plutot la main. Puis ils s'en vont. Soulagées qu'ils ne se soient pas imposés des heures, on discute un moment entre nous, puis je veux vérifier l'heure sur mon portable dans mon sac... qui n'est plus là.
Et là, c'est le drame.
Le sac contenait : les deux portables capables d'appeler et d'etre appelés de l'étranger, mon portefeuille (carte bleue, nouvelle carte étudiante, carte d'identité...), la carte bleue de ma copine, nos deux pass Navigo, mon appareil photo, mon I-Pod, la carte SD 4GO de ma mère, les clefs de chez moi, mes billets de train retour, l'adresse et numéros de téléphone de l'auberge de jeunesse.
Panique : pendant que deux d'entre nous cherchent à retrouver les deux espagnols, l'autre fouille fébrilement les sacs.
Grosse panique : on interpelle des jeunes espagnoles qui nous plaignent et nous indique la direction d'un commissariat. En chemin, nous croisons une police des plages qui ne parle ni anglais ni français et à qui nous essayons de nous faire comprendre sans savoir comment on dit "voler" en espagnol. Ils nous donnent l'adresse du commissariat le plus proche ; l'une de nous avait heureusement gardé ses affaires sur elle et avait donc conservé son argent et son portable.
Arrivée au commissariat vers les 6h, ils nous disent d'attendre 10h pour l'arrivée d'un interprète qui pourra nous aider pour la déposition.



On décide donc d'aller au consulat puisque la dame appelée pour faire opposition à nos cartes bancaires nous a trés clairement dit qu'il allait aller au consulat pour faire une déposition pour que l'opposition à la carte bancaire soit prise en compte.
Arrivée au consulat vers les 6h30, devant une énorme grille de fer qui n'indique rien de précis, ni nom ni horaires. Il faut regarder à travers la porte pour voir, derrière, un panneau "consulat de France" qui nous confirme qu'on ne vient pas de se faire sodomiser avec du gravier. Arrivée du concierge vers les 7h30 qui nous indique que le consulat ouvre à 9h.
N'en pouvant plus de rester inactives, les filles décident de retourner à la plage (à quelques stations de métro) pour fouiller les alentours et les poubelles, voir si les voleurs n'avaient pas jetés les choses qui n'avaient pas d'intérêt à leurs yeux, comme les billets de trains ou les clefs de mon domicile. Mais allez savoir si c'est le fait de ne pas avoir dormi depuis 24h ou le stress, mais j'ai compris qu'elles étaient parti acheter une carte téléphonique. Vers les 8h30, le gardien ouvre l'immeuble et je peux me poser dans un canapé avec les sacs à côté. Vers les 9h, je monte au consulat en demandant au gardien très gentil mais ne parlant pas un mot d'anglais ou de français (alors que, je le rappelle, je ne parle pas un mot d'espagnol, merci l'anglais LV1 et allemand LV2 du lycée) de surveiller nos sacs. Au consulat, ils m'informent que je dois d'abord aller au commissariat faire une déclaration de vol mais qu'il faut que je me dépêche car il y a bien une heure d'attente et que le consulat ferme à 13h le vendredi, parce que le vendredi, c'est spaghettis. Heureusement, ils m'indiquent un commissariat tout proche du consulat: pas besoin de se taper 20mn de métro donc.
Je descend donc un peu stressée... pour voir que le hall d'entrée est vide, sans sacs, san copines et sans gardien.
Je me met à stresser comme une malade de façon assez exagérée. Le gardien s'est barré avec les sacs ? Pourquoi les filles ne sont toujours pas là ? Est-ce qu'elles ont pris les sacs et sont parties ? Comment je fais si je suis toute seule dans cette ville, ne sachant pas un mot d'espagnol, sans sacs et sans argent ? Je commence à paniquer sévère ; les gens du consulat allant travailler que je croise me demande comment ils peuvent m'aider, je n'en  sais rien ; le gardien revient, j'essaye de lui demander où sont les sacs ; il me montre un petit placard dans lequel il les avaient rangés de peur d'un vol pendant son absence. Soulagée mais toujours inquiète de ne pas voir venir les filles et me disant qu'il faut que je me dépêche d'aller au commissariat sinon il faudra attendre lundi pour revenir au consulat, j'essaye d'expliquer au gardien la situation et de lui demander un papier et un crayon pour que je laisse un mot aux filles disant que je suis au commissariat. Devant l'incompréhension  bien normale du gardien je me met à fondre en larme de stress et de frustration. Arrive une française qui me calme et traduit ma demande au gardien. Au moment où je fini d'écrire le mot, les filles reviennent et je re-fond en larme de soulagement. Je me calme, arrête de faire mon boulet et on part pour le commissariat. Il est 9h30. Au commissariat, ils nous disent de revenir à 11h pour l'interprète. 11h, alors qu'il faut bien une heure de queue, qu'on ne sait pas combien de temps prend la déposition et que le consulat ferme à 13h.




Re-stress. On en profite pour aller passer les coups de fils qui font mal à nos parents (sauf moi parce qu'ils sont à la campagne et que, incapable de retenir des numéros et sans portable, je n'ai aucun moyen de les joindre). Puis on repasse au consulat qui nous dit que pour les cartes bancaires ça n'est pas de leur ressort, qu'on nous a dit n'importe quoi, que eux s'occupaient uniquement des papiers d'identité et qu'on devrait aller manger nos chaussures.
Re-stressée de ne pas savoir comment faire opposition (parce qu'il faut savoir qu'à l'étranger, certaines machines n'ont pas besoin de code pour payer par carte. Lol.) on retourne au commissariat, tombons sur un stagiaire qui nous dit que pas de soucis, remplissez cette feuille et on fera la déclaration en anglespagnol. On essaye de se remémorer tout ce que contenait le sac, donnons la feuille au guichet qui nous fait attendre finalement jusqu'à 11h, que l'interprète arrive. On dépose, on regarde des photos d'individus interpellés comme dans NCIS pour reconnaître nos "agresseurs". On en sort finalement à 12h pour faire notre déposition au consulat.
Mais se posait toujours le problème de la carte bancaire et de l'attestation inutile ou non du consulat pour faire opposition. Alors que nous étions en plein débat en français devant la porte du consulat, un buisness-man, la trentaine, nous interpelle dans un français impeccable, à l'image de son brushing : "Bonjour mesdemoiselles, je peux peut-être vous aider ? Je suis ***** Brice, consul de France en Espagne."
Nous lui expliquons notre problème mi-sérieuse, prenant ce sauveur inespéré pour un quelconque pion du consulat tout fier d'y travailler. Il nous fait monter, et c'est là que nous réalisons qu'il s'agissait effectivement du big boss que les gens saluaient au passage, apportaient son café et simulaient un coït sur sa jambe.
Pendant que je faisais ma propre déclaration de perte de carte d'identité, il était occupé à traumatiser la fille à qui nous avons téléphoné et qui nous avaient raconté n'importe quoi. D'après ma copine, témoin de la scène, cette dame se confondait en excuse devant le consul, prétextant une erreur d'une stagiaire avec que ma potesse avait clairement reconnu la voix. Enfin un peu de win.

Après ces formalités accomplies, toujours sans avoir dormi, nous avons cherché sur internet les trajets de retour les plus rapides et les moins chers, nous voyant mal vivre sur le compte bancaire de notre troisième compagne qui a été assez maline pour garder ses affaires contre elle. Nous avons donc trouvé des bus faisant le trajet Barcelone-Paris en 14h.
Nous avons donc passé 6h dans la gare à attendre l'heure du départ avec nos énormes sacs, puis 14h dans le bus à dormir d'un mauvais sommeil.

Alors que je pensais mes ennuis terminés une fois arrivées en France, je me rend compte que le gardien ferme à 12h et qu'il est 13h, que je n'ai donc aucun moyen de rentrer chez moi avant son retour lundi ou celui de mes parents. N'ayant personne chez qui aller, sans argent, sans papier, sans pass navigo et avec un sac énorme sur le dos, je trouve refuge chez une de mes trois potesses chez qui j'écume les pages blanche d'internet à la recherche de numéros de téléphone susceptible d'avoir celui de mes parents à la campagne ou au mieux, celui de mon frère chez qui je pourrais squatter.


Au final : un portable et un pass Navigo à racheter, une carte banquaire et d'identité à faire refaire et 5jours de vacances partis en fumé. Sans compter mon sac à main tout neuf trop mignon et trop partique. A cause d'un détail minuscule qui aurait pu tout changer.
Bon, ben voilà, je crois que je suis définitivement traumatisée des vacances.
Heureusement que j'avais gardé ma DS dans l'autre sac.


Publié dans taniere

Commenter cet article

Stealth 09/08/2009 21:46

Les voyages forment la jeunesse qu'ils disent,  donc qu'avons nous appris aujourd'hui?1- Il faut apprendre le moldave si on va en Moldavie et le chinois si on va en Chine (sinon pour l'espagnol je conseille d'ecouter Julio IGLESIAS...non j'ai pas dit Ricky MARTIN, IGLESIAS c'est mieux pour la langue "Mi corazon de papel")2- Se mefier des beaux gosses (surtout des beaux gosses chinois!)3- Oui les deux protubérences dans mon jean ce n'est pas ce que vous croyez, je garde toujours mon portefeuille et mon trousseau de clé sur moi, mon portable et ma carte d'identité, après le mec peut toujours essayer de me prendre ma DS avec mon sac....ok j'ai pas de DS il sera déçu.Sinon bienvenue à la maison, content que tu sois retournée entière de ce périble latino!Bon prochain voyage...l'Italie ou la Grèce?

Félin Masqué 02/08/2009 20:37

Ah ouaiis... pitaing, ça c'est de la louze. Genre Darwin Awards du voyage quoi. Courage pour t'en remettre, au moins la DS est sauve, c'est déjà ça :/ (j'y pense, il paraît que le prêtre de ma paroisse offre des Nintendo DS aux communiants... vais p'têt me convertir)Le voyage horrible v.v courage.

Shin 31/07/2009 02:16

Je viens de lire... désolé pour toi et bon courage pour la suite. Lis tes mails, faut qu'on se capte dans les prochains jours =).

Corti 29/07/2009 20:43

J't'e loge sans soucis s'tu veux :)Bon par contre, j'ai un pote qui débarque demain soir, donc on risque d'être un peu serré.Sinon... Vraiment pas de bol sinon. :/ Bah, tu en riras dans 10 ans. Et pis, ça fait quelque chose d'original à raconter, ne serait-ce que la RENCONTRE avec un homme politique bien placé :p

Zali_L._Falcam 29/07/2009 06:51

Quelle IRL de merde x_xTous les gens qui m'ont parlé de Barcelone m'ont dit la même chose à propos du crime là-bas, faut y aller soit nu soit armé.Bon, viens chez moi vendredi soir, y'aura Geoffrey et des brioches au porc.