Je peux continuer longtemps comme ça.

Publié le par Aldrea

Bon, je crois avoir été un poil haineuse et aigrie dans mon dernier post. Je vois bien que je t’ai fait peur, petit lecteur qui vient pour les tests de sextoys et les images rigolotes de chaton. Sisi, je ne voudrais pas t’effrayer, et je m’en excuse. (Non mais reviens je te dis, promis je ne te taperai pas avec le dernier Black et Mortimer).

Afin de me réconcilier avec vous, au lieu de dire du mal de tout le monde, je vais dire du mal d’une seule catégorie de personne : les Fées.

La fée est un concept développée depuis plusieurs années avec mes amies girlies, en constante évolution.

La Fée, est, tout d’abord, la fille parfaite. Sachez-le messieurs, tout ce que vous avez jamais recherché chez une fille se trouve concentré dans la Fée. Tenant son nom de l’être merveilleux du même nom, la Fée est un concept intemporel, universel et flexible.

 

La Fée est une jeune fille (toujours. Une Fée ne peut vieillir) en fleur, belle comme le jour, les cheveux au vent et la robe fleurie. Elle sent bon le jasmin et son rire résonne comme une cascade. Ses cheveux longs et raides (ou à la limite, vaguement bouclés mais pas trop) sont toujours lâchés au vent et elle doit sans arrêt les repousser de son visage pour les mettre (inutilement) derrière son oreille. La Fée est fragile physiquement. Qu’elle soit grande ou petite, la Fée est toujours menue et donne l’impression qu’un courant d’air pourra l’emporter. C’est un de ses atouts majeur pour se conférer l’attention des Amoureux. Car la Fée a besoin de protection. Elle ne peut pousser une porte seule, ne peut porter ce carton, ne peut changer cette roue. Si elle essaye de porter sa valise en peinant, il y aura toujours une bonne âme pour lui dire « Attendez mademoiselle, je la porte pour vous », qu’elle remerciera avec un sourire radieux et des yeux clairs brillants de gratitude.

Mais la Fée est aussi fragile psychologiquement. Elle cache toujours une blessure secrète. Premier amour, abus sexuels, mort de son canari ; peut importe le degré de blessure, elle la cache toujours assez profondément pour ne pas la laisser deviner au premier abord, mais juste assez pour que le premier Amoureux qui creuse un peu la trouve. Cette blessure réaffirme son besoin de protection, de grands bras forts pour l’entourer lorsqu’elle repensera à Titi. La Fée est fragile et secrète ; et parce qu’elle est secrète, elle emporte avec elle tout un univers de magie et de mystère. Pour concrétiser cet univers, la Fée est aussi artiste. Photo, peinture, poésie, la Fée laisse entrevoir son monde merveilleux à travers ses créations artistiques, toujours un peu floues mais aux couleurs éclatantes (ou au contraire, en noir et blanc mais toujours touchantes ou mystérieuses). De plus, la Fée étudiante ne sera jamais en maths, en linguistique, en sport ou en physique thermo-dynamique. Elle sera toujours étudiante aux beaux-arts, en psychologie, en sociologie, en lettres, en cinéma  ou en musique. Elle peut à la rigueur être en chimie ou en biologie (mais toujours théorique, car la Fée déteste les dissections).

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"Ho ! Je suis une petite biche aux abois !"

 

La Fée aime les films de Jean Pierre Jeunet (« Sauf Delikatessen que je n’ose toujours pas regarder »), la poésie parnassienne, la musique classique de l’époque romantique et l’impressionnisme. Elle n’a pas une intelligence hors-norme pour ne pas effrayer l’Amoureux qui sera toujours apte à lui expliquer où mettre le liquide de frein), mais elle est dotée d’une sensibilité d’artiste exacerbée qui la fait toujours pleurer en écoutant du Brahms. La Fée aime tous les animaux (sauf peut-être les insectes, mais elle n’aime pas les écraser ; elle se contente de demander à l’amoureux de capturer l’araignée et de la relâcher dehors) et ils le lui rendent bien. Elle aime aussi les enfants, est toujours partante pour un baby sitting et dispose d’une patience illimitée pour les vieilles personnes qui l’adorent aussi.

La Fée n’aime pas la musique trop forte, elle n’a jamais de taches sur sa robe fleurie, fait parfois quelques fautes d’orthographes mignonnes et fait des petits dessins (souvent des visages ou des silhouettes) sur les marges de ses cahiers. Elle aime emporter les gens dans son monde féérique et « solaire » et joue toujours d’un instrument qu’elle accompagne de sa douce voix mélodieuse.

 

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Evidemment, la Fée adore Doisneau. Comme tout le monde en fait.


La Fée a de l’humour et sait rire aux éclats cristallins lors d’une bonne plaisanterie ; cependant, elle n’en fera jamais elle-même. Devant les films d’horreur, elle se pelotonne contre son Amoureux (bon, d’accord là c’est de la mauvaise foi pure, toutes les filles font ça, parce que c’est du câlin gratuit) et se cache les yeux.

La Fée, bien sûre, ne rote pas, ne pète pas, ne tient jamais de propos graveleux, n’a pas besoin de s’épiler, n’a jamais ses règles (si jamais on surprend une serviette hygiénique (pas de tampon, bien sûr) dans son sac, elle rosie à vu d’œil) et ne fait jamais caca. Elle peut bien sûr faire pipi mais elle ne s’assumera jamais (parce qu’aux yeux des gens, le pipi c’est mignon et ça sera d’autant plus délicieux de la chambrer gentiment à ce propos pour la faire devenir toute rose). Son maquillage est toujours léger, ses cheveux toujours propres, et elle porte toujours des robes amples pour qu’on ne puisse pas voir ses formes à travers ses vêtements (afin de laisser planer le mystère de sa silhouette légère).

 La Fée est parfois impulsive et adore se retrouver complètement trempée à rire sous la pluie en entrainant son Amoureux, à voler de menus objets dans les magasins ou à partir voir la mer sur un coup de tête. De même au lit, elle peut s’avérer être déchaînée mais attention, sans pour autant s’adonner à des pratiques trop « poussées » (sex toys, sodomie, bondage, plan à trois SAUF avec deux amoureux etc.). Evidemment, la Fée pleure pendant  ou après l’orgasme, parce que l’Amoureux est  «la meilleure chose qui me soit arrivé ».

Sachez, messieurs, qu’elle est tout ce que vous avez jamais cherché. Il y a beaucoup de spécimen actuellement, surtout à Paris où ça devient presque la mode. Mais attention aux imitations ! N’est pas Fée qui veut ! La vraie Fée se remarque surtout par sa fragilité, son charme discret mais ravageur une fois qu’on y prête attention et son morceau de « Behind Blue Eyes » à la guitare en soirée, dans une pièce un peu excentrée avec quelques Amoureux à ses pieds, l’écoutant béatement.

 

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Bien sûr mesdemoiselles, la Fée étant l’exemple que nous devons suivre pour plaire, nous ne pouvons nous empêcher d’en avoir quelques attitudes. C’est naturel et nous ne devons pas en avoir honte ; attention cependant à ne pas sombrer dans l’excès ou vous finirez dans un pavillon à Meudon avec un labrador, deux gosses et un mari cadre sup.  

Soyons des anti-fées, rions fort, engueulons les gens, soyons mal épilées, buvons à outrance et faisons des revival 90’s en écoutant du Linking Park à fond et en imitant le chanteur en sautant dans le salon, en culotte et chaussettes. (non, je n’ai jamais fait ça. Moi j’écoutais du Noir Desir). 

Publié dans taniere

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Coyote 19/04/2011 10:26



C'est marrant c'est ce que j'ai toujours recherché, et pourtant à chaque fois je me retrouve à sortir avec des femmes de caractère... Seigneur, que t'ai-je donc fait ?!!



Aldrea 27/05/2011 09:24



C'est parce que tu n'es pas assez arsty. Et que les fées dans le Sud, ça n'existe pas: pas assez de sein.



the idiot 04/03/2011 08:32



Les seules fées que j'ai rencontré en fac de ciné étaient des hommes, c'est possible? Sinon, une question me taraude. Qu'advient-il de ces créatures lorsqu'elle vieillissent?



Aldrea 02/03/2011 15:28



Voilà ! Il faut que l'expression se répande partout ! Pour avertir la population ! Parce qu'on connait tous une fée dans notre entourage.


Merci Ulfa de ce premier pas !



ulfablabla 01/03/2011 13:31



hu hu


(je ris discrètement, je fais ma fée)