Un Mada, et ça repart... non ? Bon, ok.

Publié le par Aldrea

Bon, en relisant mes vieux post de la Tanière, je me suis rendu compte qu'il fût une époque où je n'avais aucun scrupule à raconter ma vie privée dans ses moindres détails. J'étais jeune, naïve, et j'avais un blog.

Allez savoir pourquoi, ces derniers temps ce genre de post me faisait moins envie; et comme l'internet fourmille déjà de blogs pseudo-intellectuello-snobs, je n'avais pas envie d'en rajouter avec un article précisant pourquoi c'est cool que Lars Van Trier soit un nazi. Avouez que lire les aventures de Muriel le cochon d'inde, c'est quand même plus marrant.

Cependant, je ne me priverai pas du plaisir de vous raconter mes vacances à Madagascar. Non pas parce que ce fut des vacances des rêves, mais surtout parce que cette fois-ci, en trois ans de vacances laborieuses, TOUT S'EST BIEN PASSE. Pas de membre foulé, pas de perte de papier, pas de crise de larme, pas de voyage écourté, même pas une petite galère. Donc, forcément, ça risque d'être moins rigolo à lire pour vous hein, mais bon, ça vous changera de voir toujours les mêmes articles en page d'accueil. 

 

Madagascar donc. Petit rappel pour les gens du fond, ma mère est elle-même d'origine malgache et en partant en France dans les année 70, a laissé derrière elle tout une ribambelle de frères/cousins/nièces/grande-tante/demie-soeur etc. Mon dernier voyage au pays datant un peu, ma mémoire de gamine de 7ans en a surtout retenu plein de gens inconnus qui boivent et qui fument, des repas sans gâteau ni Coca, des petits chiots mignons à la pelle et des toilettes rudimentaires à l'hygiène inexistant. 

J'ai donc pu constater que ça n'avait pas trop changé.

Mais commençons par le commencement.

Arrivée à Antananarivo (les noms des villes risquent fort d'être horriblement écorchés, mais on s'en fout, personne ici ne sait où se situe Madagascar de toute façon, alors l'orthographe...) vers minuit après des plateaux repas immondes, plein de films, des sueurs froides au décollage et un retard d'une heure. L'excitation est bien présente mais est vite stoppée par l'attente à la douane où les fonctionnaires prennent 15mn par personne pour vérifier les passeports de ces riches français dans l'espoir d'un petit billet qui viendrait accélérer les choses. Ce qu'on a fini par faire après 45mn d'attente, debout, dans la chaleur.

Traversée de Tana de nuit assez étrange: les rues sont vides, presque aucune "maison" n'est éclairée, pas de lampadaires, seuls quelques feux de camps sont entretenus par ce qui s'avère être des policiers en surveillance. 

On loge dans une maison construite par un membre de la famille qui a très bien réussi sa vie et qui se s'en cache pas. Pour montrer sa supériorité, la maison est bâtie tout en haut d'une colline dans une architecture tout à fait européenne. La maison semble vouloir correspondre à une image que les malgaches se font des maisons modernes à l'occidentale: spacieuse et dotée d'un mobilier moderne et confortable, avec un grand jardin et une terrasse. En réalité, le confort est sommaire : mauvaise isolation (dans une ville qui, en hiver, a à peu près les mêmes températures que Paris en automne), pas d'eau chaude et parfois pas d'eau du tout, coupures d'électricité etc. Cependant, il faut signaler pour bien se rendre compte qu'à Madagascar, environ 90% de la population n'a pas l'eau courante, et 50% n'a pas l'électricité et même ceux qui l'ont souffrent de coupures assez courantes parce que l'EDF du coin n'a pas les moyens d'alimenter régulièrement tout une ville. Donc évidemment, pas de frigo, la nourriture est achetée au jour le jour aux échoppes du coin qui pendent la viande à des crochets qui donnent à même la rue. L'hygiène est donc rudimentaire, mais tant que tout est bien cuit, ça passe.

Dans les campagne, certains vivent dans une maison de boue séchée avec comme seul moyen de subsistance leur potager et leurs zébus. En ville, les gens sont entassés dans des cabanon que toi même t'aurai pas fait mieux avec quelques planches et un bout de tôle. La route et les "trottoirs" sont en terre et seules quelques villes et quelques portions de route reliant les grandes villes entre elles sont bitumées. Les feux de signalisation n'existent pas (erratum: j'en ai recencé deux... éteints) et dernièrement, les règles de circulation ont changées, la priorité devient à gauche, ce qui est un joyeux bordel pour ceux qui ont du mal à s'y faire. 

Je sais que ça fait un peu Germinal comme ça, mais c'était pour remettre en contexte les conditions de vie de la plupart des malgaches, donc la chance qu'on a eu de posséder des toilettes normales, de l'eau courante (parfois même chaude!) et de l'électricité illimitée. Ce qui est fou aussi, c'est de constater que malgré leur dénuement extrême, la plupart des gens sont très chaleureux et ne se plaignent jamais, contrairement à nous, "gros occidentaux embourgeoisés qui font chier une pendule pour trois boutons de merde" et surtout parce que putain, les nuits sont froides à Tana en hiver. Mais la joie de retrouver des membres de la famille réchauffe l'atmosphère, fortement aidé par le rhum local, la bière local et le whisky pas local.

 

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Oui, je sais, c'est moche comme un blobfish, mais c'est la vie.

 

Pour ne pas vous imposer des plâtrées de texte qui vous donneront envie d'aller vous pendre, petit résumé ville par ville:

Tana: capitale de Madagascar, construite sur les collines donc jouissant souvent de jolies vues. Par contre, beaucoup de criminalité comme dans toutes les capitales (d'autant que c'est quand même un des pays les plus pauvres du monde) mais rien à voir avec la guerre civile qu'on nous avait annoncés dans les journaux français. Si vous êtes étranger (et que ça se voit!), planquez vos objets de valeur, ne vous aventurez pas la nuit dans des coins louches, dans la mesure du possible sortez toujours accompagné par des malgaches et évitez de courir tout nu avec un panneau "Madagascar pue" et tout ira bien. 

Morondava: ville côtière avec de belles plages, même s'il faut toujours se méfier des petits cadeaux laissés par les autochtones pour qui aller se soulager près de la mer coûte moins cher qu'une chasse d'eau triple pression. Mention spéciale à l'hôtel Renala qui nous a logé et nourri divinement et qui fait des caïpirinia délicieux.

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Huhu c'est nos bungalows. En face, y'a la mer. Turquoise. Huhu.

L'avantage c'est que cette ville est située près des Tsingy, formation rocheuse bizarre et superbe que je ne vais pas vous décrire et que si vous voulez savoir comment ça s'est formé, les articles Wikipedia sont là pour ça. 4h de marche, de grimpette et de rampage dans de la forêt, des rochets et des grottes. Simplement parfait.

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Bon, une petite photo parce qu'on est pas des bêtes.

Antsirabe: pas restés suffisamment longtemps pour bien apprécier. Sachez juste que c'est l'endroit le plus froid de Madagascar qui ne doit la joie de son existence que grâce à des sources d'eau chaude. Le passage entre Morondava (25°) à Antsirabe (10°) en une journée m'a donné envie de jeter des pierres à tous les habitants de cette ville de l'Enfer. Non, vraiment. J'ai attrapé un torticolis, un rhum et une angine dans cette ville. Vraiment. La ville du démon. Où il a fallu dormir une nuit. Le démon.

 

Majunga: Ville la plus chaude de Madagascar où j'ai pu me remettre de mes émotions antsirabéenne et me balader enfin en petite tenue. Enfin une ville qui correspond à l'image carte postale d'un pays tropical: les avenues sont grandes, les trottoirs existent, le soleil est mon ami, la plage est propre et les quatre oncles accompagnés de leurs 14 filles nous ont donnés des cours de guitare, de chant et de résistance à l'alcool qu'on est pas près d'oublier. Au programme: beaucoup de nourriture, beaucoup d'alcool, beaucoup de chants, beaucoup de danse, beaucoup de chaleur, beaucoup de monde, et même une circoncision à l'ancienne au fond de la brousse en cadeau. Expérience un peu traumatisante, mais qui m'a permis de découvrir ma nature d'"infirmière curieuse", skill permettant d'être la seule blanche à regarder l'opération d'un bout à l'autre sans tourner de l'oeil. Des photos pour ceux qui sont pas sages. 

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Non non, ceci n'est pas une photo Google image. C'est nous, à la plage, avant le feu de camp. Muahaha.

 

Ile aux Nattes: Juste à côté de St Marie, l'Ile aux Nattes est un endroit minuscule, paradisiaque où tout est très cher. Les plages sont superbes, l'eau et transparente donc par conséquent, le coin est bourré de touriste. Par contre, elle est située dans une partie très pluvieuse de Madagascar; du coup, la végétation est superbe etluxuriante... mais il pleut. Ben oui, c'est logique. Il n'y a pas grand chose à faire à part la bronzette et les ballades. Du coup, on prenait souvent l'apéro. Le coin ne s'atteint qu'après 3h de voiture à partir de Tamatava, puis 1h de bateau pour aller jusqu'à St Marie, puis 30 bonnes minutes de taxi puis de vedette pour atteindre l'île. Le déplacement ne vaut que pour voir la migration des baleines: ces gros bestiaux font une dizaine de fois la taille du bateau et ils arrivent à passer à côté et en dessous sans même le frôler. Ca saute dans tous les coins et ça semble tellement content d'être dans l'eau que ça donne envie de les rejoindre pour des sauts qui seraient tout de suite plus ridicules qui c'était moi qui les réalisait. 

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Tamatava: Grande ville aux avenues et bâtiments étrangement coloniaux pleine de "cyclo-pousse", ces taxis à vélo qui ont tous des noms rigolos (même si la plupart s'appelle Usain Bolt. Ils sont rigolos ces malgaches). Juste le temps de voir un peu de famille (encore), de boire l'apéro (toujours) sur un banc devant le port et de s'exploser la panse (à jamais) au "Bateau Ivre", restaurant tenu en partie par une tante. Dans le top 5 de mes meilleurs repas jamais. 

 

En vrac:

- Nous étions en hiver là-bas, le soleil se couchait donc à 18h. Sensation étrange d'une météo d'été et d'un ensoleillement d'hiver.

- En 25 jours, on a dormi dans 7 endroits différents.

- On s'est arrêté au bord de la route pour acheter des anguilles et des chauve-souris mortes à préparer et à manger, des poulets vivants à tuer, à préparer et à manger et des perroquets noirs, juste pour le plaisir. Sérieusement, si des développeurs de jeux ou n'importe quels créatifs avaient besoin de couinement d'animaux bizarres et mignons, les cris de trois perroquets enfermés dans un sac pendant 24h de voiture, c'est carrément une bonne idée.  

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C'est un peu comme des hamsters volants. Mais morts.

- Je me suis souvent faite engueuler par ceux qui ont entendu mon résumé du voyage et à qui je parlais des zébus tout naturellement. Donc, voilà, c'est ça un zébu: 

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What did you expect ?


- En 25 jours, 5 se sont passés en voiture. Uniquement.

- J'ai acheté des chaises. Malgaches et typiques, ok, mais des chaises quoi. Ca y est, je vieillis...

- La bière locale s'appelle la Tree Horses Beer, soit THB et sa pub est beaucoup trop joyeuse pour continuer à boire autre chose.

- Le problème d'avoir de la famille partout, c'est qu'on mange comme des rois tous les jours. Matin et soir. Et on boit. Et on fume. Je pense qu'actuellement, je n'ai plus un seul organe en état de marche.

Des images de la capitale en vrac:

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Et des petites photos d'animaux meugnons: 

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Et enfin, les chauve-souris prêtes à être dégustées !


Plus de photos commentées disponibles sur Picasa à la demande. Aucun carambar supplémentaire ne vous sera facturé.


Publié dans taniere

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Aldrea 05/09/2011 13:38



Et encore, toi t'avais des pulls ! 



the idiot 03/09/2011 17:37



Petite correction: On a passé largement assez de temps à Antsirabe. Never again. Même si on doit faire un détour de la mort on ne mettra pas le pied dans cette ville.



Aldrea 24/08/2011 13:52



Karn, je pense que même sans casque, tu ferais très colonialiste là-bas, donc ne t'en fait pas ! (d'ailleurs il nous est frequemment arrivé de voir des octogénaires blancs bedonnants
suivit de leur petit boy malgache portant leurs affaires sur la plage... peut-être pourras-tu embaucher des petites vieilles ? :p) Et les chauve-souris, c'est rien que des gros lapins avec des
ailes au final, donc bon. Non, le plus traumatisant c'était de goùter la chauve souris en plat alors que trônaient sur la table à côté des chauve souris mortes, mais entières. C'est comme si tu
mangeais une blanquette avec un veau mort à côté quoi.


Tigrou: quand tu veux, préviens moi quand tu es libre en journée et il y aura 90% de chance que je le sois aussi (haaa... doux chomage...). On ira prendre un verre avec Fanny et je te
ferai goùuter un caïpirinia. Par contre pour la circoncision, tu devrais t'estimer heureux d'avoir été endormi ce jour-là; je crois que le petit garçon en quetsion aurait bien voulu être dans ton
cas.



Hérisson 24/08/2011 00:23



Génial! Me raconteras-tu la version live quand je serai en septembre à Paris? Je veux savoir ce qu'est une caïpirinia! Et quel goût a la chauve-souris? Tu me raconteras aussi pour la
circoncision, hein (parce que moi, je dormais). 



Karnath 22/08/2011 23:21



Quelle classe - un vrai voyage initiatique, où l'on voit des cérémonies secrètes et douloureuses, mange des créatures que rien ne prédisposait à l'être (pauvres chauves-souris quand même), visite
des merveilles naturelles que la science n'explique pas, et glande sur une plage de rêve en évitant les étrons !


Je meurs d'envie désormais de chausser mon casque colonial, de surnommer mon boy Aimé Césaire, et d'aller parcourir la brousse malgache en quête de perroquets pour faire les bruitages d'Oranthis.