Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 19:01

Bon, c’est vrai, je l’avoue, j’ai des préjugés.

Je pense qu’on en a tous de toute manière : les blondes sont connes, les Corses feignants, les vieux puent et les westerns sont chiants.

Bon, d’accord, je suis peut-être la seule à penser ça pour les westerns. Mais une partie de moi ne peut s’y résoudre.

Suis-je la seule à imaginer, à l’évocation du mot « western », des plans d’une lenteur infinie sur un caillou et trois cactus ? Des zooms sur deux yeux farouches lors d’un duel rappelant les pires heures de Dragon Ball Z chez Dorothée ? Ces personnages féminins à la personnalité d’un moule à gaufre ? Ces clichés redondant d’hommes virils, plein de sueur et de poussière, se battant contre les indiens, contre les coyotes, contre les bandits, contre les extraterrestres ? (c’était pas bien, mais au moins il y avait tentative de renouveau.) Ces décors toujours identiques faute de diversités : le désert, la ville, le saloon, la prison ? Parfois l’intérieur d’une tente d’indien, si on est chanceux. (malheureusement le désert de l’ouest-américain manque de haute tour futuristes ou de donjon sado-maso)

Attention hein, je ne parle pas de ce qui se passe dans ma tête à l’évocation des mots « cowboys », « cheval » ou « lasso » (même si je dois vous avouer que ça mérite le détour). Juste le mot « western », désignant donc un genre cinématographique spécifique.

Un genre cinématographique spécifiquement chiant, donc. Pour moi.

 

J’entends déjà les puristes monter sur leurs grands chevaux (sauvages) : qui es-tu, toi qui ose parler ainsi de ce genre superbe et sauvage, fougueux et rude comme le capibara des grandes plaines ? Que connais-tu du western ? Qu’en as-tu vu ?

Et c’est là que, ben faute de mieux, je sors de tête quelques Eastwood que ne suis même pas sûr d’avoir vu en entier mais qui de toute manière, ressemblent tous à un seul trèèèès long western avec Clint qui machouille un cigarillo, qui plisse les yeux et qui a un chapeau. Ou même si Clint n’y était pas, un type qui lui ressemble, parfois avec une moustache quand on veut innover.

A partir de là, j’imagine le lancé de chapeau général des puristes qui me vilipendent à grands coups de « Chevauchée fantastique », « Prisonnière du désert », « Johnny Guitare » ou encore « Cowboys vs Aliens » (mais ce dernier ce fait très mal regarder de tout le monde, dont de moi, et finit par regarder par terre en gratouillant le sol du bout de sa botte.)

Après avoir ramassé leurs sombrero (non, pas de « s » puisque sombrero est DEJA un mot au pluriel, ha, on en apprend tous les jours dans la Tanière quand cette feignasse se donne la peine de faire un nouveau post), nos puristes en question finissent par m’attraper, me ligoter, et me forcer à voir un western, un bon, un qui aura la lourde tâche de détruire tous mes préjugés et me laisser sans repère, perdue, et à la merci des goûts sûrs de nos puristes.

 

Mettons: L’homme qui tua Liverty Valance (ou encore The Man Who Shot Liberty Valance, c’est fou comme ça change tout).

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Quels beaux hommes.


Réalisé en 1962 par John Ford, avec James Stewart et John Wayne, blabli. Pour parler le langage de ceux qui s‘en foutent, 1962 étant en plein dans le déclin du western au cinéma aux Etats-Unis, et presque dans la naissance du « western spaghetti », celui reprit par les italiens donc, plein de musique de Ennio Morricone, de gros plans et de Sergio Leone. Le western ayant vécu son âge d’or à Hollywood dans les années 1930-40-50, le genre était donc en train de s’essouffler. Pour continuer à parler en langage vernaculaire, James Stewart étant le héros de plusieurs Hitchcock (Vertigo, Fenêtre sur cour, La Corde…), et si vous n’avez jamais vu au moins un de ces trois entre parenthèse, déjà c’est triste, et ensuite je vous mets une photo pour que vous puissiez le resituer.

  james-stewart02.jpg

Voilà. C'est lui.

 

John Wayne étant non seulement l’homme qui m’a fait pousser un « hé, mais je le connais lui, c’est un vieux de la vieille du cinéma non ? », remarque qui m’a valu un soupir consterné de la part des puristes à mes côtés qui se tenaient prêts à se faire seppuku pour rattraper mon honneur en cas d’autres remarques stupides, (où j’en étais… il faut vraiment que j’apprenne à utiliser la ponctuation moi… ha oui), mais également le héros d’une bonne palanquée de western de l’âge d’or susnommé (au pif : Le massacre de Fort ApacheLa chevauchée fantastique ou Rio Grande).

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Voilà la bête.

 

Pour le résumé, soyons précis, long, et n’ayons par peur des spoilers : Ransom Stoddart, joué par le mec de Vertigo, est un sénateur mur et respecté qui revient avec sa femme dans la petite ville de Shinbone pour enterrer quelqu’un. Des journalistes du coin lui demandent qui était cet homme dont la mort déplace un sénateur important de Washington et son épouse. Ransom leur lâche donc qu’il s’agit de Tom Doniphon et commence à leur raconter l’histoire du film dans un malicieux procédé d’ellipse narrative.

Ransom Stoddart est un jeune homme fier et fringuant, tout droit sorti de son école de droit et qui va s’aventurer dans le grand Ouest pour y chercher aventure, expérience et maturité. Ce grand Ouest est encore celui des plaines sauvages, des bandits et des attaques de diligence, le chemin de fer étant encore loin. Le jeune maître du barreau va donc se retrouver confronté à un univers aussi impitoyable que celui de Dallas, mais un peut plus quand même puisqu’ici, la loi du plus fort est la meilleure. Il découvre avec effarement un univers où les livres de loi sont inutiles puisque la loi, de toute évidence, n’est pas la même qu’à la grande ville. Pour preuve, Liberty Valance et sa bande terrorisent les habitants en traînant dans les halles d’immeubles des maisons, volent les steaks des gens, tuent et volent aussi un peu, quand même. Seul le vieux de la vieille Tom Doniphon (je vous laisse deviner de qui il s’agit…), le vieux cowboy blasé, semble leur tenir tête et même effrayer un peu toute cette bande d’affreux.

Les deux hommes commencent à se lier d’amitié, autour de la jeune et belle Hallie (dont on se fout du nom de l’actrice) et de ses adorables parents fraîchement émigrés d’un pays du nord de l’Europe. Le cœur de Hallie et du spectateur balance donc entre le jeune idéaliste fringuant qui essaye à tout prix de faire venir la démocratie à Shinbone en mettant en place une école et des élections, et le mature et viril cowboy qui en a vu d’autres, qui aime bien boire un coup mais pas trop parler, et surtout qui tient tête à Liberty quand celui-ci vient chercher des noises aux braves gens. Tom et Ransom s’embrouillent un peu à propos de Hallie, Tom ayant des vues sur elle depuis pas mal de temps, vues que Ransom commence à compromettre sévère avec ses cours de lecture et son vocabulaire de tapette. Seulement, pour diverses raisons que vous apprendrez en regardant le film, Liberty en veut à mort au frêle Ransom qui, bien que défendu par Tom, se trouve bientôt confronté à un choix : quitter la ville ou battre Liberty en duel. Le pauvre Ransom qui n’a jamais tenu une arme de sa vie flippe un peu, mais après le tabassage en règle d’un honnête citoyen par Liberty, il décide de rester et de tenir tête comme un petit nerd ne ferait face à son bully voleur de goûter.

 

A partir de là, spoiler alert :

Contre toute attente, Ransom gagne le duel, tue Liberty et est acclamé par les habitants de la ville. Il est désigné par les élections qu’il a lui-même créé pour représenter la ville lors du prochain conseil d’état ou-chai-pu-quoi, et comble du pompom dur la cerise, Hallie lui tome dans les bras. Mais le spectateur, au milieu de ses puristes en transe, ému par ce bel happy end, se voit vite déchanter lorsqu’il voit Ransom refuser le poste, empli de remords d’avoir tué un homme de sang froid. Alors que le spectateur commence à le considerer un peu comme une lopette, le viril Tom lui apprend à lui, et à lui seul, qu’il était en fait caché dans le noir de la nuit et que c’est lui qui a en fait donné le coup de feu mortel. Rassuré et à peine reconnaissant, Ransom prend le poste et se barre avec la fille à Washington pour devenir, plus tard, sénateur, auréolé de la gloire d’avoir tué le pire bandit de l’Ouest alors que Tom reste seul avec ses espoirs envolés.

 

Fin du spoiler alert, vous pouvez retirer vos mains de vos oreilles et arrêter de hurler l’Hymne à la joie.

Arrivée à la fin du film, la spectatrice, au milieu des puristes en pleine convulsion de bonheur, se rend compte qu’elle a vu un western, et qu’elle a apprécié. Mieux, elle a adoré. Parce que ce western comprend, certes, des saloons, des revolvers, des chevaux, et de la violence, mais pas que. Ce western comprend aussi une véritable réflexion sur la fin d’un âge d’or, sur l’arrivée d’une nouvelle ère, et surtout, beaucoup de nostalgie.

Pas la nostalgie mièvre d’un « c’était mieux avant », mais la nostalgie d’un temps où les hommes devaient survivre par leur simple force autant physique que morale, et que ces hommes là doivent savoir faire place aux nouveaux. Cette nostalgie étant bien sûre incarnée par John Wayne, choix idéal étant lui-même symbole du héros de western des années 1940, "remplacé" ici par un petit freluquet de la ville, symbole d'un nouveau genre cinématographique, pourtant lui aussi positif. Le plus étonnant, c'est que Tom ne cesse pourtant pas d'être le héros puisqu'il en a tous les attributs de "l'ancien temps" (le charisme, le charme, la force, la rapidité aux armes, le courage...) et jusqu'au bout, il en garde cette droiture morale. Si Ransom est le héros du film, Tom, lui, est le héros de l'ombre.

Absent de tout manichéisme, L’homme qui tua Liberty Valence porte une véritable réflexion sur la morale (celle de l’Ouest et celle des livres de loi, toutes deux valant la peine d’être défendues mais dont la coexistence est impossible), sur la civilisation, sur l’avancée inéluctable du temps et la sagesse qu’il y a à savoir accepter les nouvelles évolutions.

 

Ce résumé est bien sûr rapide, plein de parti pris et de vides et la meilleure façon de vous faire votre propre opinion est de le regarder. Il dure pas loin de 2h, alors au lieu de dépenser 10,92€ dans un Gaumont parisien pour aller voir un putain de Sherlock Holmes, louez-le, téléchargez-le (profitez-en tant que FBI n’a pas mis Torrent sous les verrous), engagez un mime, que sais-je, mais voyez-le pour vous débarrasser, vous aussi, de vos préjugés sur les fumeurs de cigarillos.

 

La prochaine fois, une chronique pour dire pourquoi Emmanuel Carrère est un écrivain aussi prétentieux que dépourvu d’imagination (sauf Limonov, Limonov il se lit comme un petit beurre.)

Merci.

 

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Par Aldrea - Publié dans : taniere
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 15:52

Bon, en relisant mes vieux post de la Tanière, je me suis rendu compte qu'il fût une époque où je n'avais aucun scrupule à raconter ma vie privée dans ses moindres détails. J'étais jeune, naïve, et j'avais un blog.

Allez savoir pourquoi, ces derniers temps ce genre de post me faisait moins envie; et comme l'internet fourmille déjà de blogs pseudo-intellectuello-snobs, je n'avais pas envie d'en rajouter avec un article précisant pourquoi c'est cool que Lars Van Trier soit un nazi. Avouez que lire les aventures de Muriel le cochon d'inde, c'est quand même plus marrant.

Cependant, je ne me priverai pas du plaisir de vous raconter mes vacances à Madagascar. Non pas parce que ce fut des vacances des rêves, mais surtout parce que cette fois-ci, en trois ans de vacances laborieuses, TOUT S'EST BIEN PASSE. Pas de membre foulé, pas de perte de papier, pas de crise de larme, pas de voyage écourté, même pas une petite galère. Donc, forcément, ça risque d'être moins rigolo à lire pour vous hein, mais bon, ça vous changera de voir toujours les mêmes articles en page d'accueil. 

 

Madagascar donc. Petit rappel pour les gens du fond, ma mère est elle-même d'origine malgache et en partant en France dans les année 70, a laissé derrière elle tout une ribambelle de frères/cousins/nièces/grande-tante/demie-soeur etc. Mon dernier voyage au pays datant un peu, ma mémoire de gamine de 7ans en a surtout retenu plein de gens inconnus qui boivent et qui fument, des repas sans gâteau ni Coca, des petits chiots mignons à la pelle et des toilettes rudimentaires à l'hygiène inexistant. 

J'ai donc pu constater que ça n'avait pas trop changé.

Mais commençons par le commencement.

Arrivée à Antananarivo (les noms des villes risquent fort d'être horriblement écorchés, mais on s'en fout, personne ici ne sait où se situe Madagascar de toute façon, alors l'orthographe...) vers minuit après des plateaux repas immondes, plein de films, des sueurs froides au décollage et un retard d'une heure. L'excitation est bien présente mais est vite stoppée par l'attente à la douane où les fonctionnaires prennent 15mn par personne pour vérifier les passeports de ces riches français dans l'espoir d'un petit billet qui viendrait accélérer les choses. Ce qu'on a fini par faire après 45mn d'attente, debout, dans la chaleur.

Traversée de Tana de nuit assez étrange: les rues sont vides, presque aucune "maison" n'est éclairée, pas de lampadaires, seuls quelques feux de camps sont entretenus par ce qui s'avère être des policiers en surveillance. 

On loge dans une maison construite par un membre de la famille qui a très bien réussi sa vie et qui se s'en cache pas. Pour montrer sa supériorité, la maison est bâtie tout en haut d'une colline dans une architecture tout à fait européenne. La maison semble vouloir correspondre à une image que les malgaches se font des maisons modernes à l'occidentale: spacieuse et dotée d'un mobilier moderne et confortable, avec un grand jardin et une terrasse. En réalité, le confort est sommaire : mauvaise isolation (dans une ville qui, en hiver, a à peu près les mêmes températures que Paris en automne), pas d'eau chaude et parfois pas d'eau du tout, coupures d'électricité etc. Cependant, il faut signaler pour bien se rendre compte qu'à Madagascar, environ 90% de la population n'a pas l'eau courante, et 50% n'a pas l'électricité et même ceux qui l'ont souffrent de coupures assez courantes parce que l'EDF du coin n'a pas les moyens d'alimenter régulièrement tout une ville. Donc évidemment, pas de frigo, la nourriture est achetée au jour le jour aux échoppes du coin qui pendent la viande à des crochets qui donnent à même la rue. L'hygiène est donc rudimentaire, mais tant que tout est bien cuit, ça passe.

Dans les campagne, certains vivent dans une maison de boue séchée avec comme seul moyen de subsistance leur potager et leurs zébus. En ville, les gens sont entassés dans des cabanon que toi même t'aurai pas fait mieux avec quelques planches et un bout de tôle. La route et les "trottoirs" sont en terre et seules quelques villes et quelques portions de route reliant les grandes villes entre elles sont bitumées. Les feux de signalisation n'existent pas (erratum: j'en ai recencé deux... éteints) et dernièrement, les règles de circulation ont changées, la priorité devient à gauche, ce qui est un joyeux bordel pour ceux qui ont du mal à s'y faire. 

Je sais que ça fait un peu Germinal comme ça, mais c'était pour remettre en contexte les conditions de vie de la plupart des malgaches, donc la chance qu'on a eu de posséder des toilettes normales, de l'eau courante (parfois même chaude!) et de l'électricité illimitée. Ce qui est fou aussi, c'est de constater que malgré leur dénuement extrême, la plupart des gens sont très chaleureux et ne se plaignent jamais, contrairement à nous, "gros occidentaux embourgeoisés qui font chier une pendule pour trois boutons de merde" et surtout parce que putain, les nuits sont froides à Tana en hiver. Mais la joie de retrouver des membres de la famille réchauffe l'atmosphère, fortement aidé par le rhum local, la bière local et le whisky pas local.

 

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Oui, je sais, c'est moche comme un blobfish, mais c'est la vie.

 

Pour ne pas vous imposer des plâtrées de texte qui vous donneront envie d'aller vous pendre, petit résumé ville par ville:

Tana: capitale de Madagascar, construite sur les collines donc jouissant souvent de jolies vues. Par contre, beaucoup de criminalité comme dans toutes les capitales (d'autant que c'est quand même un des pays les plus pauvres du monde) mais rien à voir avec la guerre civile qu'on nous avait annoncés dans les journaux français. Si vous êtes étranger (et que ça se voit!), planquez vos objets de valeur, ne vous aventurez pas la nuit dans des coins louches, dans la mesure du possible sortez toujours accompagné par des malgaches et évitez de courir tout nu avec un panneau "Madagascar pue" et tout ira bien. 

Morondava: ville côtière avec de belles plages, même s'il faut toujours se méfier des petits cadeaux laissés par les autochtones pour qui aller se soulager près de la mer coûte moins cher qu'une chasse d'eau triple pression. Mention spéciale à l'hôtel Renala qui nous a logé et nourri divinement et qui fait des caïpirinia délicieux.

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Huhu c'est nos bungalows. En face, y'a la mer. Turquoise. Huhu.

L'avantage c'est que cette ville est située près des Tsingy, formation rocheuse bizarre et superbe que je ne vais pas vous décrire et que si vous voulez savoir comment ça s'est formé, les articles Wikipedia sont là pour ça. 4h de marche, de grimpette et de rampage dans de la forêt, des rochets et des grottes. Simplement parfait.

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Bon, une petite photo parce qu'on est pas des bêtes.

Antsirabe: pas restés suffisamment longtemps pour bien apprécier. Sachez juste que c'est l'endroit le plus froid de Madagascar qui ne doit la joie de son existence que grâce à des sources d'eau chaude. Le passage entre Morondava (25°) à Antsirabe (10°) en une journée m'a donné envie de jeter des pierres à tous les habitants de cette ville de l'Enfer. Non, vraiment. J'ai attrapé un torticolis, un rhum et une angine dans cette ville. Vraiment. La ville du démon. Où il a fallu dormir une nuit. Le démon.

 

Majunga: Ville la plus chaude de Madagascar où j'ai pu me remettre de mes émotions antsirabéenne et me balader enfin en petite tenue. Enfin une ville qui correspond à l'image carte postale d'un pays tropical: les avenues sont grandes, les trottoirs existent, le soleil est mon ami, la plage est propre et les quatre oncles accompagnés de leurs 14 filles nous ont donnés des cours de guitare, de chant et de résistance à l'alcool qu'on est pas près d'oublier. Au programme: beaucoup de nourriture, beaucoup d'alcool, beaucoup de chants, beaucoup de danse, beaucoup de chaleur, beaucoup de monde, et même une circoncision à l'ancienne au fond de la brousse en cadeau. Expérience un peu traumatisante, mais qui m'a permis de découvrir ma nature d'"infirmière curieuse", skill permettant d'être la seule blanche à regarder l'opération d'un bout à l'autre sans tourner de l'oeil. Des photos pour ceux qui sont pas sages. 

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Non non, ceci n'est pas une photo Google image. C'est nous, à la plage, avant le feu de camp. Muahaha.

 

Ile aux Nattes: Juste à côté de St Marie, l'Ile aux Nattes est un endroit minuscule, paradisiaque où tout est très cher. Les plages sont superbes, l'eau et transparente donc par conséquent, le coin est bourré de touriste. Par contre, elle est située dans une partie très pluvieuse de Madagascar; du coup, la végétation est superbe etluxuriante... mais il pleut. Ben oui, c'est logique. Il n'y a pas grand chose à faire à part la bronzette et les ballades. Du coup, on prenait souvent l'apéro. Le coin ne s'atteint qu'après 3h de voiture à partir de Tamatava, puis 1h de bateau pour aller jusqu'à St Marie, puis 30 bonnes minutes de taxi puis de vedette pour atteindre l'île. Le déplacement ne vaut que pour voir la migration des baleines: ces gros bestiaux font une dizaine de fois la taille du bateau et ils arrivent à passer à côté et en dessous sans même le frôler. Ca saute dans tous les coins et ça semble tellement content d'être dans l'eau que ça donne envie de les rejoindre pour des sauts qui seraient tout de suite plus ridicules qui c'était moi qui les réalisait. 

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Tamatava: Grande ville aux avenues et bâtiments étrangement coloniaux pleine de "cyclo-pousse", ces taxis à vélo qui ont tous des noms rigolos (même si la plupart s'appelle Usain Bolt. Ils sont rigolos ces malgaches). Juste le temps de voir un peu de famille (encore), de boire l'apéro (toujours) sur un banc devant le port et de s'exploser la panse (à jamais) au "Bateau Ivre", restaurant tenu en partie par une tante. Dans le top 5 de mes meilleurs repas jamais. 

 

En vrac:

- Nous étions en hiver là-bas, le soleil se couchait donc à 18h. Sensation étrange d'une météo d'été et d'un ensoleillement d'hiver.

- En 25 jours, on a dormi dans 7 endroits différents.

- On s'est arrêté au bord de la route pour acheter des anguilles et des chauve-souris mortes à préparer et à manger, des poulets vivants à tuer, à préparer et à manger et des perroquets noirs, juste pour le plaisir. Sérieusement, si des développeurs de jeux ou n'importe quels créatifs avaient besoin de couinement d'animaux bizarres et mignons, les cris de trois perroquets enfermés dans un sac pendant 24h de voiture, c'est carrément une bonne idée.  

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C'est un peu comme des hamsters volants. Mais morts.

- Je me suis souvent faite engueuler par ceux qui ont entendu mon résumé du voyage et à qui je parlais des zébus tout naturellement. Donc, voilà, c'est ça un zébu: 

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What did you expect ?


- En 25 jours, 5 se sont passés en voiture. Uniquement.

- J'ai acheté des chaises. Malgaches et typiques, ok, mais des chaises quoi. Ca y est, je vieillis...

- La bière locale s'appelle la Tree Horses Beer, soit THB et sa pub est beaucoup trop joyeuse pour continuer à boire autre chose.

- Le problème d'avoir de la famille partout, c'est qu'on mange comme des rois tous les jours. Matin et soir. Et on boit. Et on fume. Je pense qu'actuellement, je n'ai plus un seul organe en état de marche.

Des images de la capitale en vrac:

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Et des petites photos d'animaux meugnons: 

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Et enfin, les chauve-souris prêtes à être dégustées !


Plus de photos commentées disponibles sur Picasa à la demande. Aucun carambar supplémentaire ne vous sera facturé.


Par Aldrea - Publié dans : taniere
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 09:25

Parce que nous, les femmes, on a décidemment pas la vie facile, il existe quelques petits trucs pour se détendre entre le twittage au boulot, le casse-tête du comment-je-m'habille-sexy-sans-passer-pour-une-allumeuse et la marche (avec des talons, j'entend bien.)

 

Le magnifique magazine Cosmopolitain en fait partie. J'ai eu le rare privilège de m'être fait offrir un abonnement d'un an pour agrémenter mes lectures aux toilettes. Entre deux Fluide Glacial, je vous assure que ça vous fait une petite bouffée d'air pur assaisonnée à la fraise tagada pour masquer vos odeurs naturelles. Parce que contrairement à la rumeur que le magazine colporte, les filles ne font pas caca des pétales de rose.

 

Commençons, si vous le voulez bien, par une petite analyse iconographique du numéro de juin: 

Maimage l 35961124673

Je pense que tout est dit. (au passage, désolée pour les fautes mais il est 9h, je suis fatiguée, et j'ai la flemme de me retaper la retouche Paint. Et parce qu'il faut bien que la femme moderne conserve quelques imperfections qui font tout son charme. D'ailleurs, vous avez remarqué comme plus aucune pub n'utilise le mot "défaut" pour parler du physique, mais "imperfection"?)

 

En parcourant le magazine, entre deux pubs mettant en évidence la perfection des mannequins Lanvin, H&M et j'en passe (on est pas supposé trouver plus de mecs à poils que de filles dans un magazine féminin ? Playboy ne m'aura donc rien appris...), on a la chance de trouver majoritairement des articles d'une page sur la vie de rêve d'un rédacteur de mode au Brésil, une fanfiction de Plus Belle la Vie, une analyse détaillée du maquillage des stars ou encore des pages people de stars à l'aéroport ("Turbolol Christina Ricci soumet son chihuahua au détecteur de métaux !")

Et énormément de pages mettant en avant des objets pratiques, loufoques, girlies, burlesques, jolis, cinoques, poilants, étonnants, bref, des objets tous inutiles et surtout, à des prix à faire pleurer Florent Pagny. Petit inventaire non exhaustif: du caviar (57€), des tongs et vernis à ongle assortis (30€), un polo fleuri Lacoste parfaitement immonde (110€), un bikini en macramé (168€), des chaussures, plein de chaussures, beaucoup trop de chaussures, une pochette en simili-cuir avec des flamants roses et un coucher de soleil (35€), un cale-porte en béton en forme de pomme, des petits flacons à sauce en forme d'animaux trop kawaii, des lunettes en bois (*soupir*)... et vous pensez bien que j'en passe, certaines pages étant même consacrées à une tenue entière, du chapeau aux chaussures en passant par le maquillage et le tampon (nan, je déconne).

Mais rassurez-vous messieurs, on pense aussi à vous ! On apprend en effet, grâce à la rubrique "Il veut ça" que Rusian (oui, c'est un prénom), 25 ans, vendeur dans une boutique, voudrait un chapeau de paille à 70€, divers polos fleuris de 155 à 185€, des mocassins à 145€ et un sac à main manbag en cuir véritable à 380€. Merci Rusian !

 

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Maintenant, Paolo peut enfin passer inaperçu pour violer des perroquets, dans sa superbe chemise Paul&Joe à 165€.

 

Mais tout n'est pas qu'apparence car la femme moderne aime aussi se cultiver ! On nous conseille donc de rire avec le DVD du subtile "Date Limite" ou du on-rit-mais-on-y-pense-quand-même "Bébé mode d'emploi", de s'émouvoir sur le dernier album de Mélanie Laurent (et là, les filles bien se mettent à lancer leur caca sur l'écran) ou de, heu, ben rire et s'émouvoir en lisant "Il ferait quoi Tarantino à ma place ?", de l'auteur des célèbres "Une rose pour Manhattan", "Presque top model" ou encore "Ca balance à Paris". Et le pire, c'est que j'exagère même pas.

 

En passant, j'allais être mauvaise langue en parlant de l'absence d'édito, mais je me retiens, car il y en a effectivement bien un: la rédactrice en chef de Cosmo en chair et en stagiaire rédacteur nous donne son point de vue sur la diversité de la beauté féminine (puisque tel est le thème du numéro de ce mois-ci, qui, en passant, n'est qu'une énorme pub pour Nocibé, partenaire du magazine, qui propose des "Cosmo Beauty Tour" pour révéler votre beauté unique) où on apprend que celle-ci, après les cours de danse, aime traîner dans les vestiaires pour reluquer les filles qui se rhabillent. Ha, le voilà mon point commun avec un magazine de mec ! L'"édito" se conclu par une magnifique leçon d'humanité sur la beauté féminine qui se trouve partout mais hohoho, ne dévoilons pas le secret tout de suite mes petits amis, rendez-vous en page tant pour en discuter toutes ensemble autour d'un smoothie au tofu !  

 

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En tant que journal d'investigation du territoire féminin, on trouve bien sûr des interviews des actrices principales de la région: on apprend notamment qu'à un dîner idéal, Ayo inviterai Kate Hudson, Barack Obama, Denzel Washington et James di Franco (on ne peut cependant pas lui en vouloir pour ce dernier, chaque dîner mondain possède sa jolie plante en pot). que l'acteur Ryan Philippe adore nourrir ses poules (et non, ce n'est pas une métaphore) et que la MILF Claudia Schiffer se gomme le visage une fois par semaine avec un soin adapté. Ca c'est du journalisme engagé ! D'ailleurs en parlant de journalisme, on repère assez vite les tics langagiers et les constructions verbales courtes mais efficaces, toujours au présent pour ne pas perdre le lectorat avec des participes. 

Mais en plus d'être un magazine fort instructif, le Cosmo sauvage s'avère aussi être ludique ! Dans la partie reportage/témoignage "Et ça, c'est grâce à moi" qui nous décrit en quelques lignes les bienfaits qu'ont prodigués les témoins au monde ("Mon grand-père a pris l'avion", "Le manteau de la conductrice est sauvé, "Estelle fait du Pilates" (que j'avais au départ lu comme "pirate", ce que je trouvais plutôt cool) ou encore "Il n'y a plus de pigeon en bas de mon immeuble" (parce que j'ai balancé à la police la voisine qui les nourrissait tous les jours. Ca, c'est un acte citoyen !))(ça fait beaucoup de parenthèses tout ça), on trouve donc une partie "découpe toi-même tes petits jetons "C'est grâce à toi", remplis les et offre les à tes amis pour leur dire combien ta vie est belle grâce à eux !" J'attend avec impatience les cartes Pokémon du numéro du mois prochain.

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Si vous le vouliez pas le croire, paf dans vos fesses.

 

Il y aurait encore tellement à dire, mais parce que ça n'en vaut pas la peine on va s'arrêter là. Et pour ceux qui iraient me dire que j'exagère, que ça ne se prend pas au sérieux et que c'est fait pour être lu aux toilettes de temps en temps, j'ai envie de répondre que c'est pas parce que ça ne se veut pas être une référence littéraire que ça doit prendre ses lecteurs pour des atrophiés mentaux en leur faisant gober n'importe quoi sous prétexte de divertissement. Et prout.

Bon, d'accord, cet article est surtout là pour virer la tronche de Virginie Ledoyen en page d'accueil du blog.

 

PS: Si vous n'aimez pas le titre de cet article, sachez que vous avez échappé à "Cosmochatte", alors ne vous plaignez pas.

Par Aldrea - Publié dans : taniere
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 16:11

Bon, je crois avoir été un poil haineuse et aigrie dans mon dernier post. Je vois bien que je t’ai fait peur, petit lecteur qui vient pour les tests de sextoys et les images rigolotes de chaton. Sisi, je ne voudrais pas t’effrayer, et je m’en excuse. (Non mais reviens je te dis, promis je ne te taperai pas avec le dernier Black et Mortimer).

Afin de me réconcilier avec vous, au lieu de dire du mal de tout le monde, je vais dire du mal d’une seule catégorie de personne : les Fées.

La fée est un concept développée depuis plusieurs années avec mes amies girlies, en constante évolution.

La Fée, est, tout d’abord, la fille parfaite. Sachez-le messieurs, tout ce que vous avez jamais recherché chez une fille se trouve concentré dans la Fée. Tenant son nom de l’être merveilleux du même nom, la Fée est un concept intemporel, universel et flexible.

 

La Fée est une jeune fille (toujours. Une Fée ne peut vieillir) en fleur, belle comme le jour, les cheveux au vent et la robe fleurie. Elle sent bon le jasmin et son rire résonne comme une cascade. Ses cheveux longs et raides (ou à la limite, vaguement bouclés mais pas trop) sont toujours lâchés au vent et elle doit sans arrêt les repousser de son visage pour les mettre (inutilement) derrière son oreille. La Fée est fragile physiquement. Qu’elle soit grande ou petite, la Fée est toujours menue et donne l’impression qu’un courant d’air pourra l’emporter. C’est un de ses atouts majeur pour se conférer l’attention des Amoureux. Car la Fée a besoin de protection. Elle ne peut pousser une porte seule, ne peut porter ce carton, ne peut changer cette roue. Si elle essaye de porter sa valise en peinant, il y aura toujours une bonne âme pour lui dire « Attendez mademoiselle, je la porte pour vous », qu’elle remerciera avec un sourire radieux et des yeux clairs brillants de gratitude.

Mais la Fée est aussi fragile psychologiquement. Elle cache toujours une blessure secrète. Premier amour, abus sexuels, mort de son canari ; peut importe le degré de blessure, elle la cache toujours assez profondément pour ne pas la laisser deviner au premier abord, mais juste assez pour que le premier Amoureux qui creuse un peu la trouve. Cette blessure réaffirme son besoin de protection, de grands bras forts pour l’entourer lorsqu’elle repensera à Titi. La Fée est fragile et secrète ; et parce qu’elle est secrète, elle emporte avec elle tout un univers de magie et de mystère. Pour concrétiser cet univers, la Fée est aussi artiste. Photo, peinture, poésie, la Fée laisse entrevoir son monde merveilleux à travers ses créations artistiques, toujours un peu floues mais aux couleurs éclatantes (ou au contraire, en noir et blanc mais toujours touchantes ou mystérieuses). De plus, la Fée étudiante ne sera jamais en maths, en linguistique, en sport ou en physique thermo-dynamique. Elle sera toujours étudiante aux beaux-arts, en psychologie, en sociologie, en lettres, en cinéma  ou en musique. Elle peut à la rigueur être en chimie ou en biologie (mais toujours théorique, car la Fée déteste les dissections).

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"Ho ! Je suis une petite biche aux abois !"

 

La Fée aime les films de Jean Pierre Jeunet (« Sauf Delikatessen que je n’ose toujours pas regarder »), la poésie parnassienne, la musique classique de l’époque romantique et l’impressionnisme. Elle n’a pas une intelligence hors-norme pour ne pas effrayer l’Amoureux qui sera toujours apte à lui expliquer où mettre le liquide de frein), mais elle est dotée d’une sensibilité d’artiste exacerbée qui la fait toujours pleurer en écoutant du Brahms. La Fée aime tous les animaux (sauf peut-être les insectes, mais elle n’aime pas les écraser ; elle se contente de demander à l’amoureux de capturer l’araignée et de la relâcher dehors) et ils le lui rendent bien. Elle aime aussi les enfants, est toujours partante pour un baby sitting et dispose d’une patience illimitée pour les vieilles personnes qui l’adorent aussi.

La Fée n’aime pas la musique trop forte, elle n’a jamais de taches sur sa robe fleurie, fait parfois quelques fautes d’orthographes mignonnes et fait des petits dessins (souvent des visages ou des silhouettes) sur les marges de ses cahiers. Elle aime emporter les gens dans son monde féérique et « solaire » et joue toujours d’un instrument qu’elle accompagne de sa douce voix mélodieuse.

 

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Evidemment, la Fée adore Doisneau. Comme tout le monde en fait.


La Fée a de l’humour et sait rire aux éclats cristallins lors d’une bonne plaisanterie ; cependant, elle n’en fera jamais elle-même. Devant les films d’horreur, elle se pelotonne contre son Amoureux (bon, d’accord là c’est de la mauvaise foi pure, toutes les filles font ça, parce que c’est du câlin gratuit) et se cache les yeux.

La Fée, bien sûre, ne rote pas, ne pète pas, ne tient jamais de propos graveleux, n’a pas besoin de s’épiler, n’a jamais ses règles (si jamais on surprend une serviette hygiénique (pas de tampon, bien sûr) dans son sac, elle rosie à vu d’œil) et ne fait jamais caca. Elle peut bien sûr faire pipi mais elle ne s’assumera jamais (parce qu’aux yeux des gens, le pipi c’est mignon et ça sera d’autant plus délicieux de la chambrer gentiment à ce propos pour la faire devenir toute rose). Son maquillage est toujours léger, ses cheveux toujours propres, et elle porte toujours des robes amples pour qu’on ne puisse pas voir ses formes à travers ses vêtements (afin de laisser planer le mystère de sa silhouette légère).

 La Fée est parfois impulsive et adore se retrouver complètement trempée à rire sous la pluie en entrainant son Amoureux, à voler de menus objets dans les magasins ou à partir voir la mer sur un coup de tête. De même au lit, elle peut s’avérer être déchaînée mais attention, sans pour autant s’adonner à des pratiques trop « poussées » (sex toys, sodomie, bondage, plan à trois SAUF avec deux amoureux etc.). Evidemment, la Fée pleure pendant  ou après l’orgasme, parce que l’Amoureux est  «la meilleure chose qui me soit arrivé ».

Sachez, messieurs, qu’elle est tout ce que vous avez jamais cherché. Il y a beaucoup de spécimen actuellement, surtout à Paris où ça devient presque la mode. Mais attention aux imitations ! N’est pas Fée qui veut ! La vraie Fée se remarque surtout par sa fragilité, son charme discret mais ravageur une fois qu’on y prête attention et son morceau de « Behind Blue Eyes » à la guitare en soirée, dans une pièce un peu excentrée avec quelques Amoureux à ses pieds, l’écoutant béatement.

 

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Bien sûr mesdemoiselles, la Fée étant l’exemple que nous devons suivre pour plaire, nous ne pouvons nous empêcher d’en avoir quelques attitudes. C’est naturel et nous ne devons pas en avoir honte ; attention cependant à ne pas sombrer dans l’excès ou vous finirez dans un pavillon à Meudon avec un labrador, deux gosses et un mari cadre sup.  

Soyons des anti-fées, rions fort, engueulons les gens, soyons mal épilées, buvons à outrance et faisons des revival 90’s en écoutant du Linking Park à fond et en imitant le chanteur en sautant dans le salon, en culotte et chaussettes. (non, je n’ai jamais fait ça. Moi j’écoutais du Noir Desir). 

Par Aldrea - Publié dans : taniere
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 15:32

Mes petits amis, mon séjour à la Fnac St Lazare en temps que "libraire" au rayon BD ne va pas tarder à s'achever, il est temps de faire le point.

 

L'expérience a été fort instructive. Sisi. Elle a développé mes connaissances culturelles, ma sociabilité et surtout, surtout, ma patience. Alors que le client moyen de la librairie Album est surtout un BDphile avéré qui connait le classement de la librairie par coeur et fout une paix royale au libraire (je ne parle pas bien sur des touristes qui viennent acheter des parapluis Milou à 30€), le client de la Fnac est un néophyte de la BD et l'assume.

Ce qui est, ma foi, une très grande qualité dans la vie: admettre ses failles et demander de l'aide est toujours plus malin. Mais lorsque le libraire se voit répéter cinq fois par jour "à la lettre T" lorsque la question "où est-ce que vous mettez les Tintins ?" alors qu'au dessus des rayons est écrit en gros, en gras et en en longeur "Classement alphabétique par série", la patience du libraire s'en voit un peu érodée. Bien sûr, je ne parlerai pas des questions qui font pousser des énormes soupirs du genre "Vous avez le manga numéro 4 ?", ni des autres obligent à retenir un grand éclat de rire ("Vous auriez une BD sur les pieds ?" ou "Vous auriez quelques chose sur les gros pénis  ?").

 

En revanche je peux parler des clients. Les clients sont tous différents en leur genre et ne peuvent pas être classifiés puisque les catégories se croisent en clients hybrides. Vous avez des lecteurs/squatteurs qui ne sont pas vértiablement des clients puisqu'ils se contentent de venir à 10h, de squatter un coin de librairie et de repartir à 20h après avoir lu la bonne moitié du rayon manga. Vous avez le client vieux qui n'a aucune politesse et sans bonjour ni merci demande au libraire les bras chargés de coffrets BD où ils peuvent trouver le dernier Marc Levy (qui, soit dit en passant, est présent sur toutes les têtes de gondoles de tous les rayons). Vous avez le client très jeune qui ressemble un peu au client vieux puisque sans un bonjour introductif, pose des questions incongrues (" Vous avez des livres animé ?") et repart aussi vite qu'il est venu, laissant le libraire dans le même état que s'il avait vu un gnome voleur de slip. Vous avez le client lycéen qui ressemble un peu au client squatteur, mais en bande, donc beaucoup moins discret. La Fnac St Lazare jouissant du privilège d'être situé à côté du lycée Condorcet, elle se voit donc régulièrement envahie par les clients lycéens qui font le tour de la Fnac en commentant très fort tout ce qu'ils voient et en s'arrêtant de préférence au milieu des allées pour discuter des cours de bio. La lycéenne ira directement dans le coin girly du rayon BD (dont j'ai la chance d'être la responsable) et commentera de façon très forte et trés aigue les diverses BD "Je veux le Prince charmant", "112 idées pour être une fille géniale", "Lingerie addict" ou encore "Serial shoppeuse". Le lycéen lui ira au coin manga, commentera de façon très forte et aléatoirement grave ou aigue les shonen ou les seinen gore ou porno. Quelques soit le sexe, le lycéen ne rangera bien sur jamais derrière lui. Vous avez également les clients BDphiles d'une cinquantaine d'année qui viennent vous poser des questions sur l'édition de 1958 des Pieds Nickelés et qui trouvent révoltant de ne pas l'avoir à la Fnac. Il y a le client grapilleur qui vient voir le libraire et insiste pour avoir une réduction parce qu'il est un client fidèle, parce qu'il habite à côté ou parce qu'il y a de la poussière sur son livre. Il y a le client parent qui cherche une idée de cadeau pour son filleul de 9 ans mais qui est très avancé pour son âge (bloody véridique, j'y ai eu le droit avec TOUS les parents) mais qui, devant une BD pour les 12ans a peur que ce soit trop compliqué/violent/déprimant. Il y a les clients perdus qui viennent vous chercher au find fond du rayon BD pour demander un conseil sur les guides de tourisme. Il y a les clients qui n'aiment pas attendre et, lisant le prénom du libraire (occupé avec un client bien sûr) sur son badge l'appelle pour attirer son attention. Il y a les gens qui viennent pour demander des conseils tout en casant à chaque phrase qu'il n'y connaissent rien en BD parce que de toute façon à part Tintin et Astérix, c'est trop violent et trop puéril (sans se rendre compte bien sûr de la contradiction). Vous avez la cliente friande de shojo et de yahoi que j'ai déjà eu la chance de rencontrer durant mes nombreuses Japan Expo. Sans étonnement, on constatera qu'il s'agit de la même: souvent par deux, quelques soit leur âge et leur corpulence, elle ressemble à la lycéenne devant les BD girly: mêmes cris aïgus, même commentaires. La rayon manga est celui où on croise la plus grande populationd adolescente, même si parfois il arrive de croiser des lecteurs d'une trentaine d'année en école de commerce; ce sont eux, bien sûr, les plus drôles, notamment dans le partage de leur admiration véritable devant Avatar The last Air Bender.

 

Le libraire bien sûr n'est jamais parfait non plus. Au bout d'un certain temps à essayer de trouver une place pour les 300 tomes de Margaud Mottin qui lui sont arrivés ce matin tout en renseignant un client sur le rayon comptabilité, il devient vite aigri et asociable. Le but de sa journée étant de vider ses rangées de roulettes pleines et de faire des allers-retours de la réserve au rayon les bras chargés de volumes pour combler les vides, en essayant de ne surtout croiser le regard d'aucun client susceptible de lui demander s'il aurait pas dans son rayon "Les Hauts du Hurlevent de Stephanie Meyers" (FUCKIN VERIDIQUE). Ca, c'est pour les clients en mouvement. Les clients à l'arrêt pour les lecteur posent moisn de problèmes. L'avantage des clients lecteurs, notamment de mangass, c'est qu'ils ne demandent rien, mais en revanchent ils lisent. Partout. Parfois, le libraire soulève une caisse et trouve un lecteur de manga plongé en plein Eye Shield. Le lecteur de manga fonctionne de la même manière que les mouches. Tout ce qu'ils veulent, c'est se nourrir de lecteur nipponne en paix. Le problème c'est qu'ils se trouvent souvent aux endroits génants (devant les rayonnages, au milieux des allées, devant les portes de secours...) et lorsqu'ils sont plusieurs agglutinés au mauvais endroit et que le libraire les chasse gentiment, ils s'éparpillent dans un nuage pour revenir exactement au même endroit 10mn plus tard.

 

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Bref, travailler à la Fnac donne une autre vision du livre et surtout de ses lecteurs. Sachez le, innocents clients de la Fnac qui venez tuer le temps devant les rayonnages (dont je faisais également partie moi aussi il y a quelques temps): le libraire entend tout, voit tout et vous juge. Vous n'êtes pas du tout le premier à donner votre avis sur ce livre "ultra bien écrit", ce film "chef d'oeuvre" ou cette BD "trop bien". Vous n'êtes pas le premier à demander où se trouve le rayon livre de cuisine, où sont les toilettes, où est la sortie, si on peut payer ici et comme s'appelle ce livre dont la couverture est bleue. Alors par pitié, la prochaine fois, regardez autour de vous pour déterminer où sont placées les nouveautés et quel est le prix de ce livre. Merci pour nous.

 

 

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Edit: bon, ce post a l'air d'être plein de fiel et de haine. Mais en fait ça va hein, c'était cool. 

Par Aldrea - Publié dans : taniere
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