Les soirées parisiennes
Voilà qui est fait : le déménagement est consommé, notre première nuit de noce avec mon nouvel appart fut délicieuse. Le réveil surtout, avec la joie de découvrir un nouveau paysage à ma fenêtre fut des plus inoubliables. Un mois s’est passé depuis ce grand chamboulement et on a repris notre charmant train-train quotidien. Je pensais que j’allais vite regretter mon ex logis, mais il a été vite supplanté. Trop loin, trop mou, trop hautain, je l’ai bien vite oublié, à ma grande surprise. En revanche, je ne me lasse toujours pas de mon nouveau protecteur, plus petit mais cosy, bien que parfois j’ose lui faire quelques infidélités avec mon nouveau quartier, vivant et actif. Lorsque je reviens de mes après-midi d’escapades avec mon amant, je me fais pardonner en rentrant à l’appart et en le bichonnant : posters, nettoyages, déballages de cartons… ça le rend de plus en plus accueillant. Parfois je délaisse mes plaisirs de péripatéticienne pour passer des journées entières en sa compagnie, à réviser mes cours de la fac.
Ha oui, la fac… une grande sœur froide et distante, mais qui en sait tellement ! On y est jamais très détendu, mais on en sort jamais déçu. Elle m’apprend les grands classiques qui, de l’œil de l’immature lycée me semblaient d’une chiantise assommante, mais qui s’avèrent être le commencement de tout, l’alpha de la littérature européenne. Je retrouve les grandes références et les auteurs des lieux devenus aujourd’hui tellement communs qu’ils semblaient anonymes. Je me sens comme une nouvelle Amélie Nothomb, entourée de Catulle, de Cicéron, Hugo, Dante, Verlaine, Aristophane, Homère, Auguste et tant d’autres… je peux à présent comprendre toute ces références, et je suis même capable de faire des blagues d’initiés vraiment drôles mine de rien … l’apothéose !
Ma seule déception vient du fait que je pensais que ma fac me présenterait quelques joyeux lurons avides des plaisirs de toutes sortes (avinés de préférences). J’ai bien rencontré quelques collègues limite geekettes, elles restent saines de corps.
J’attends donc avec impatience de revoir mes anciennes compagnes d’orgies pour pouvoir leur conter ma nouvelle vie « in » , faite de pain au chocolat à 1€30, de métro, de magasins, de métro, de clochard, de métro, de gens partout et surtout, de vie, enfin.

Un peu de lyrisme de temps en temps, ça peu pas faire de mal nan ?..
Raah, vous etes vraiment des brutes:

Eeeh oui, c'est ça aussi Paris.