Alboum

Publié le par Aldrea

Mon rattrapage actuel des BD et comics que j'ai cessé de suivre n'est pas dû à un soudain renflouement monétaire, au contraire ai-je envie de dire puisque je suis actuellement en stage non rémunéré chez Album, une chaîne de librairies BD-mangas pour les néophytes. J'ai le droit d'y emprunter autant de marchandises que je veux. Et je ne me prive pas.

 

Me voyant à l'origine plutôt travailler dans l'édition, je me suis néanmoins piquée de curiosité pour ce drôle de métier qu'est celui de libraire. « En quoi vendre des livres nécessite plus une formation que vendre des maracas ? », s'est demandée l'Aldrea de 2009. « En rien », lui répond l'Aldrea de 2010, avant de lui tapoter gentiment la tête. Le livre n'est pas un objet comme un autre ? Ben, heu, en fait si, pas loin.

Si seul son prix n'est pas victime des mêmes aléas qu'une salade, sa fabrication, sa distribution et sa commercialisation restent semblables.

Si: la joyeuse possibilité de retourner le stock au distributeur en cas de non-vente est un cadeau des dieux-ministres. Essayez un peu de demander à votre fournisseur de reprendre gratuitement ses caisses de batavia, on va bien rigoler.

 

 

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Bon, je vais éviter de me lancer dans des longues diatribes sur la théorie et passer directement aux longues diatribes sur la pratique.

Depuis maintenant pas loin de deux mois, je passe donc mes journées à porter des cartons de BD, à les ouvrir, à en sortir les ouvrages, à les enregistrer dans le stock, à les mettre en rayon, puis à recommencer. Parfois, je fais l'inverse : je met des BD dans des cartons, je les enlève du stock, je ferme le carton et le renvoie. Ben moquez vous, mais si j'étais payée, je serait ravie de mon existence.

Je vois défiler tous les jours des dizaines de BD nouvelles à découvrir, des anciennes que je connais et que je peux recommander -ou non- aux gens et des vraiment pas biens que je me marre à lire quand même (surtout celles du rayons « patrimoine » qui contient des perles du genre BD pour enfants datant de nos grands parents (Bob & Bobette, Pat'Atrac, si vous me lisez...), des BD sur l'aviation ou encore des biographies de saint célèbre limite facho).

Je passe donc la plupart de mes journées à découvrir de nouveaux ouvrages et à explorer les rayons.

Enfin, ça c'était ma première semaine.

Parce que cette semaine, je me suis rappelée que lire des BD en tant que libraire, c'était pas uniquement pour me faire plaisir, c'était aussi pour renseigner des clients.

Extraits choisis pour vous.

 

« -Bonjour mademoiselle, je cherche une BD à offrir à un garçon de 30 ans qui aime la bande dessinée. Il a bien aimé celle avec un rabbin et une autre avec un chat qui résout des enquêtes »

(Solution: elle parlait du Chat du Rabbin et de BlackSad..)

« - Je cherche une BD pour un garçon de 14 ans qui n'aime pas lire. »

« - Vous savez où est Notre-Dame? »

« - Vous n'auriez pas une BD dont le héros ferait de l'escalade ? C'est pour offrir à un fan d'escalade. »

« - Vous vendez des timbres ? »

« -Nôtweu Dâme, please ? »

« - Vous n'avez pas un rayon « livre de charme ? », dit le quinquagénaire bedonnant en cravate et sueur.

« - Vous avez des livres avec des avions ? »

« - Je cherche une BD dont je ne me rappelle ni le titre, ni l'auteur, ni l'éditeur. Mais ça se psse dans une mongolfière, en Amazonie ! »

« - Vous avez des BD avec des libellules ? »

 

 

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Enfin bref, tout ça pour dire que face à tant de néophysme, ma parole devient parole divine. Ainsi, j'ai donc réussi à vendre deux séries entières composées de quatre tomes chacune : la première dont je n'avais lu que le premier tome et la deuxième dont une collègue m'avait fait le résumé à l'heure du déjeuné.

Bon, j'avoue que sur le moment j'ai paniqué et j'ai donné les premiers titres en nouveautés qui me venaient. Par la suite je me suis un peu améliorée et me suis rendu compte qu'il allait falloir que je travaille un peu mes arguments et que je ne pourrais plus me contenter du vague sentiment que je ressens à la fin de chaque livre, qui accompagne l'image que j'en ai et qui m'empêche d'expliquer POURQUOI cet ouvrage vaut ou non le coup.

 

Enfin bref, mes semaines sont rythmées par les arrivées massives de cartons, la mise en rayon et l'accueil des clients. Pour le moment j'en suis satisfaite, la gestion d'un rayon entier me semble beaucoup trop compliqué pour une glandeuse née comme moi. Je referai un petit topo à la fin du stage pour vérifier si je suis une femme d'ambition ou juste une glandeuse qui aime lire... dans les deux cas, je pense que ça m'ira.

 

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Pour illustrer à quel point cet article était du caca. Qui pue.

Publié dans taniere

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the idiot 31/05/2010 00:05



Z'avez des bédé sur les camions tunés madame? Putain, si un prof de l'IUT tombe là dessus et découvre que tu penses que le livre est un produit comme les autres, je te connais pas, t'affronteras
seule l'inquisition! Même si je suis d'accord avec toi et que je suis courageux et tout, il y a des limites à ma folie!



Boo 27/05/2010 19:05



Et on la voit pas de loin ou c'est vraiment trop près ?

J'ai trouvé quelques BDs avec comme thème l'amzonie et les montgolfières. Les bonnes idées ne se démodent jamais.



Aldrea 27/05/2010 15:20



Trop pret !



ulfablabla 26/05/2010 19:42



à mon avis pas loin de la librairie Album du boulevard Saint Germain...



Boo 26/05/2010 16:04



Masi enfin, c'est où Notre-Dame finalement ?