The Last King of Scotland

Publié le par Aldrea

Ca vous énerve quand j'écris rien pendant un mois, hein ? C'est pénible pas vrai ?

Bref.
Aujourd'hui, petite chronique cinéma et promis, je vous raconte avec qui j'ai couché ces derniers jours, mais plus tard. Ce soir, dans une délicieuse soirée glandouille seule chez moi (la seule depuis aout en fait), après avoir regardé Catch Attack en mangeant des nouilles chinoises, après avoir mit 101% sur Nolife en fond pendant tout en lisant les différents mangas de retard que j'avais, je décide de regarder The Last King of Scotland. Toute seule. Sans personne pour me réconforter à la fin. Et oui, il faut bien assumer son célibat.




Petit pitch honteusement tiré d'Allo Ciné pour les reulous qui ne l'auraient pas vu et qui n'auraient malgré tout pas peur du spoil :

Jeune médecin écossais tout juste diplômé, Nicholas Garrigan débarque en Ouganda en quête d'aventure et décidé à venir en aide à la population.
Peu après son arrivée, il est appelé sur les lieux d'un accident : le nouveau leader du pays, Idi Amin Dada, a percuté une vache avec sa Maserati. La façon dont Garrigan maîtrise la situation, son calme et sa franchise surprennent Amin Dada. Fasciné par l'Histoire et la culture écossaise, il trouve le jeune homme sympathique et lui propose de devenir son médecin personnel.
Séduit par le charisme du chef de l'Etat, le jeune médecin rejoint le cercle présidentiel au sein duquel il mène grand train. Bombardé confident du dictateur, piégé au coeur de la mégalomanie meurtrière d'Amin Dada, Garrigan, témoin d'enlèvements et d'assassinats, devient malgré lui peu à peu complice d'un des plus terrifiants régimes africains du XXème siècle.


Vous aussi vous aimez les grands types blancs et maigres aux yeux bleu avec une petite mèche de cheveux devant le front? Vous allez être servi(e)s...


Bien, pour tout dire, au milieu du film je me suis fait la réflexion que ça n'était pas un genre de film pour moi. Ne nous détrompons pas : The Last King of Scotland est génial. Parfait à tous les niveaux, tant pour le choix des acteurs (Forest Whitaker n'a vraiment pas volé son oscar) que pour la mise en scène, la photo, des musiques, les plans de caméra etc...
Seulement voilà : c'est tellement, tellement proche de nous. Le problème n'est pas tellement temporel : je suis aussi mal à l'aise devant un récit des atrocités ougandaises dans les années 70 que devant des gravures de massacres de mahométans par des Croisés au Moyen-Age. Disons que je me sens vraiment comme le héros blanc de notre histoire : j'ai une vague idée de ce qui se passe dans les différents pays en plein régime totalitaire mais je préfère fermer les yeux et kiffer ce que je suis en train de vivre, en égoïste, en rêveur. De temps en temps, comme le suggère la caméra, des informations concernant des massacres en Afrique, des disparitions bizarres en Ukraine surgissent dans ma vie par l'intermédiaire de journaux, de pub. Mais bon, c'est tellement loin tout ça, et on a tellement d'autres choses à penser ! En soit, le docteur Garrigan est une superbe métaphore de l'Occident : oui, vous allez me dire que c'est un peu facile, houlà le Blanc qui représente les superpuissances qui s'en foutent de ce qui se passe en Afrique et qui préfère venir en Ouganda  "just to fuck and to take away" et l'Afrique représenté par le méchant dictateur cyclothymique qui...
Bon, je vais peut etre pas aller jusqu'à une interprétation symboliste du film, mais le personnage du docteur est tout de même assez flagrant. Et le film, basé autour de cet homme, lui ressemble magnifiquement : le début commence comme un film de vacances joyeux tourné par un gamin sortant de la fac qui découvre le monde, jeune, beau et effronté, où même les prises de pouvoirs militaires sont prétextes à la fête et au dépaysement puisqu'ici les putchs sont une habitude locale, comme les taxis-brousse ou le pilon à riz. Au fur et à mesure que Nicholas découvre ce qui se passe autour de lui, le film se transforme aussi, tout doucement, tout en finesse. D'accord, ça n'est pas une première dans le cinéma, un film qui évolue en fonction de son personnage : il n'empêche que c'est extrêmement bien fait et que réussir ce genre d'effet en toute subtilité mérite qu'on le souligne.

Oui, donc, je partais du principe que ce genre de film n'était pas pour moi, parce qu'en effet, ça me met face à ma mauvaise conscience et c'est jamais très chouette. De plus, parler dans un support artistique d'une réalité qui a encore lieu de nos jours me met toujours mal à l'aise même si ici, il s'agit plus une dénonciation que d'un simple background historique pour, par exemple, une histoire d'amour. Je dirais que c'est la raison principale. Mais il y a autre chose:  ce genre de film n'arrive pas à me toucher autant qu'une oeuvre qui semble complètement hors du temps, à la Bagdad Café ou The Fountain. Même si le sujet est poignant, même si les personnages sont attachants (et qu'est-ce qui peut etre plus attachant que les beaux yeux bleu de James McAvoy ? ), même si les morts se comptent par dizaines de milliers et qu'on vous rappelle à la fin que ça n'est pas qu'un film, je reste bien plus touchée par Garden State que par Lord of War. Ce qui est délicieusement paradoxale c'est que si ça se trouve, je serais bien plus émue par le même film, mais sans le côté réaliste de l'histoire, alors que justement le réalisateur s'appuie sur cette réalité qu'il n'hésite pas à mettre en avant pour toucher le spectateur et le pousser à sortir de son état de passivité.

Enfin bref, j'imagine que comme Nicholas Garrigan je passe plus de temps à rêver ma vie qu'à la vivre vraiment, et cette vision des choses se répercute tout naturellement dans mes goûts filmographiques... après, chacun fait comme il peut.





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Soleil de ta vie ! 21/10/2008 23:28

Je pensais que James McAvoy ne méritait pas d'être dans la liste des mecs sexy et pour cause... IL INTERPRETE LE FAUNE DANS NARNIA ! Qu'avez-vous à répondre à ça très chère ? A propos suis-je la seule à avoir remarquer qu'on ne sait toujours pas avec qui tu couches ?

Herisson 09/10/2008 13:19

Courage petite Shkouik! Le film a l'air genial en effet, mais quitte a regarder de jeunes hommes (entre nous tout a fait quelconques je trouve) aux yeux bleus, une bonne dose de Spiderman apres une seance deprimante aide a y voir plus clair (forcement, il suffit de compter le nombre de bras/dents des acteurs pour savoir qui est le mechant, trop facile :p)

thomas 08/10/2008 10:58

Han, mais comment tu te donnes trop bonne conscience en disant que t'as mauvaise conscience, en fait...